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Golgota Picnic : Lettre à Frédéric Mitterrand 
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Dans une lettre au Ministre de la Culture et de la Communication, Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate et candidate à l'élection présidentielle, fait part de ses interrogations concernant le financement public de la pièce Golgota Picnic.

Le même courrier a été adressé au Ministre des Affaires étrangères, au Maire de Paris et au Président du Conseil Régional d'Île-de-France qui financent tous ce festival d'automne.

 

 

Christine BOUTIN
Ancien ministre

Levallois-Perret, le 14 novembre 2011

 

 

Monsieur le ministre,

 

La pièce de théâtre Golgota Picnic sera cette semaine à l’affiche du Théâtre Garonne à Toulouse, puis du Théâtre du Rond-Point à Paris du 8 au 17 décembre prochain. Cette pièce suscite une série d’interrogations sur lesquelles j’espère obtenir de votre part des éléments de réponse, puisque le ministère de la Culture et de la Communication est l’un des partenaires institutionnels du Festival d’automne dans lequel s’insère à Paris la pièce de Rodrigo Garcia.

La pièce Golgotha Picnic se présente comme « une crucifixion tragique et trash, [] l’artiste démontre avec toutes ses armes que l’iconographie chrétienne est pour lui l’image même de la terreur et de la barbarie ». Le Christ y est considéré comme « el puto diablo » et comparé à un terroriste. D’autres symboles chrétiens sont parodiés et piétinés au long de ce spectacle, conçu de bout en bout comme une violente attaque de ce que les chrétiens ont de plus sacré. Le synopsis de la pièce l’annonce lui-même.

Il est inacceptable qu'une pièce portant ainsi atteinte au respect de la liberté de conscience et de foi d’une majorité de Français soit programmée dans le cadre d'un festival d'automne. Le droit à la liberté de conscience et de religion implique le respect public des symboles sacrés de la foi d’autrui. La France respecte toutes les croyances, comme le consacre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la Constitution de la Ve République(Préambule, article 1er).

Considérez-vous qu’il soit légitime d’accepter à l'égard de tout croyant un tel mépris de sa dignité ? Serait-ce une nouvelle forme de discrimination ? Est-elle conforme au rôle de garant des libertés et de protecteur des citoyens dévolu à ces mêmes pouvoirs publics ?

Le responsable politique se doit d’être attentif au maintien de l’ordre public. Tout ce qui est délibérément provocateur, a fortiori dans le domaine religieux, détériore inévitablement notre cohésion sociale. Et ceci, d’autant plus que d’autres atteintes récentes aux symboles chrétiens ont déjà donné lieu à des débordements. Golgota Picnic, qui est une attaque frontale et explicite à l’iconographie chrétienne et à la figure du Christ, ne pourra que provoquer davantage de colère de la part des croyants.

Enfin, les Français, quelle que soit leur religion, ne peuvent être que blessés par la caution publique de ce spectacle. En effet, par la présence de plusieurs partenaires institutionnels publics dont le ministère de la Culture et de la Communication, l’État intervient dans le financement du Festival d’automne et donc dans le montage de cette pièce. L’État et les différents acteurs publics, appelés à une stricte neutralité religieuse, n’ont pas à financer de telles entreprises avec l’argent des Français.

Chaque Français a le droit de voir sa foi respectée et non agressée par des créations contemporaines dont la représentation est financée par l’État.

Pour ces raisons, vous comprendrez l’appel impérieux du Parti Chrétien-Démocrate au gouvernement, afin qu’il fasse respecter la liberté de conscience religieuse de nos concitoyens et retire tout soutien public à cette pièce.

En espérant avoir attiré votre attention sur les attaques que porte cette affaire à notre esprit républicain, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l’assurance de ma haute considération.

 

Christine BOUTIN

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